la nostalgie du nourrisson
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Des fois j'aimerais remonter le temps pour profiter à nouveau du petit bébé totalement dépendant de moi qu'était Alma.
La sentir à nouveau contre mon sein, profiter de ces instants si magiques pour lui caresser doucement la tête, la serrer fort dans mes bras sans qu'elle se débatte...la rejoindre la nuit juste pour la voir paisiblement dormir, mettre ma main sur son petit ventre rond sans que ça ne la réveille et sentir le doux ronronnement de sa respiration.
Bref, vous l'avez compris, j'ai la nostalgie du nourrisson et quand je pense à ces moments passés, je suis emplie d'une douce mélancolie...
Et pour être honnête, je culpabilise un peu de ressentir ça, car j'ai l'impression qu'une partie de moi refuse de voir grandir Alma...pourtant, la voir s'ouvrir au monde, doucement s'épanouir m'emplie de joie et je m'émerveille chaque jour de ses progrès mais je sais que cette ouverture vers la vie marque un peu plus son affranchissement de moi...elle devient de plus en plus indépendante.
Alors dans ces moments de profonds vague à l'âme, je me remémore le poème de Khalil Gibran, celui sur les enfants, que je m'empresse de partager avec vous
Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par lesquels sont projetés vos enfants comme des flèches vivantes.
L'Archer prend pour ligne de mire le chemin de l'infini et vous tend de toute Sa puissance pour que Ses flèches s'élancent avec vélocité et à perte de vue.
Et lorsque Sa main vous ploie, que ce soit alors pour la plus grande joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui fend l'air, il aime l'arc qui ne tremble pas."
(extrait du recueil Le Prophète)
A méditer...


